2012 64

2007 63

2006 62

2005

2004 61 60

2003 59 58 57' 57

2002 56

2001 54' 54 53 52

2000 51 50 49 48

1999 47 46 45 44 43

1998 42 41 40 39 38 37

1997 36 35 34 33 32 31

1996 30 29 28 27 26 23 22 21 20

1995 19 18 17 16 15 14 13 12 11

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Aredje 42, décembre 1998
Spécial Keupon-Saint-Esprit

Keupon-Saint-Esprit : Les Binamé ne sont pas seuls sur scène

EDITORIAL

Permettez-moi de bousculer Marcor et de vous glisser dans l'Aredje un Journal Brut de Binam'... consacré au festival de Keupon-Saint-Esprit. Récit (qui, quand, où, comment,...), réflexions (décidément, l'économie de marché ne respecte rien, même pas le punk-rock !), avec, histoire de ne pas trop vous dépayser, une tonne de détails à la Marcor (je suis venu, j'ai bu, je sais plus, mais y a pas quelqu'un qui a dit que...), des articles de la presse du coin, et quelques réactions trouvée dans d'autres zines ou dans notre boîte à courriel.

Pourquoi tout à coup se lancer dans un compte-rendu détaillé de ce festival en particulier ? Parce que, comme je le disais dans le numéro 41 d'Aredje, on aura rarement eu autant de mauvais et de bon moments dans un espace et un temps aussi réduits. Parce que quand une vingtaine de groupes et quelques milliers de spectateurs et même l'asso qui organise sont victimes d'une escroquerie minable mais chiante, ça vaut la peine de tenter d'en tirer quelques conclusions, voire quelques leçons, histoire d'éviter autant que possible de retomber trop vite dans un panneau du même tonneau.

Que s'est-il passé en gros à Pont-Saint-Esprit ? Un festival réunissant la crème du " rock alternatif français " (il ne manquait que les Shériff, Ludwig Von 88 et les Wampas). Une volée de bavures du service d'ordre, particulièrement lourd et agressif envers le public. Un envahissement de scène pendant le concert de Charge 69 puis pendant le nôtre. La troisième journée du festival annulée sous prétexte d'une partie du public incontrôlable. Une prise de tête avec les comptables-fossoyeurs du festival qui nous reprochaient de cracher dans leur soupe.

Et après ? Les Warriors ont compris petit à petit comment le Créa avec qui il co-organisait avait fait de leur festival une machine à pognon, bousillant du même coup l'ambiance et Créant des incidents leur permettant d'annuler le troisième jour. Julien explique tout ça dans un communiqué de presse (reproduit dans ce JBdB). Bonne surprise pour nous, ce communiqué nous est arrivé accompagné d'un chèque couvrant la moitié du défraiement que le Créa nous avait extorqué.

Binam'...

POUR COMMENCER

Le tract du MACADAM CIRCUS, cliquez pour la version couleur (77 k)

Ça, c'était le "manifeste" du Macadam Circus. Tout un programme ! Ajoutez les groupes à l'affiche (la liste complète est dans l'article de Marcor, plus loin dans ce JBdB) et le charme de la région, pas étonnant qu'on ait sauté sur l'invitation des Warriors du Vaucluse. On a bien fait, car si ce week-end dans le Gard fut riche de rebondissements pénibles, il le fut encore plus de soleil, de baignades, de rencontres sympas, de rock'n'roll, de ska, de mélodies et de boucan, tout ce qu'on aime... Quant à notre concert, ce fut un grand mo-ment de joie, de délire, mais aussi de stress, tout ça ensemble, l'un sur l'autre, un joli cocktail d'émotions tout en contrastes...

On ne savait pas encore que derrière l'équipe sympa qui rêvait depuis un bon bout de temps de son festival, s'activait ces salauds du Créa, société d'organisation d'événement en tout genre, quel que soit le genre, l'important étant de se sucrer au passage (billetterie, frais divers, commissions, et pourquoi pas quelques petites indélicatesses en prime).

Pourtant, Julien, le Warrior avec qui nous avons été en contact avant le festival, nous avait écrit en avril : le festival aurait finalement lieu à Pont-Saint-Esprit, une coproduction se montait avec le Créa, une association montée par Service Pro Sécurité avec d'autres entreprises du spectacle (son, lumière, sécurité, etc...) afin d'avoir une structure bien complète. Cette brève description aurait pu/du nous mettre la puce à l'oreille mais elle est passée inaperçue à l'époque. Quelques mois plus tard, cette structure nous a prouvé son efficacité.

VENDREDI

Près de 1000 kilomètres nous séparent de Pont-Saint-Esprit, on les bouffe un par un et on arrive sur place bien plus tôt que prévu, vers 17 heures. Ça nous permet de visiter l'hypermarché de Bollene et d'y gonfler notre cargaison de pils en conserve.

Reste à entrer dans Pont-Saint-Esprit, il suffit de passer le pont. Marcor, on s'en doute, est déjà passé par là il y a des années, avec papa maman frères et sœurs pour les vacances en famille en Espagne. A huit dans la familiale à trois banquettes (2-3-3) + remorque, ça devait être au moins aussi folklorique que notre minibus bourré des quatre Binamé accompagnés de leur Marcor (mascotte et stand) et de leur Vinche (sono + bêtes blagues) plus Francine (copine) et Jo (copain).

Après 900 kilomètres d'autoroute, l'entrée dans Pont-Saint-Esprit est paradisiaque. Un long pont d'époque surplombé par un clocher d'époque itou entouré de maisonnettes en briques ocres, une véritable carte postale. On fait le tour du rond-point en cherchant une flèche indiquant le festival alors qu'il est là, devant nos yeux, mais on s'attend à le trouver à l'extérieur du village, pas en plein centre. On suit les flèche camping, supposant qu'il se trouve à proximité du site des concerts. Erreur. Nous sortons du village et interrogeons quelques crétus multicolores qui nous remettent dans le droit chemin. Un nouveau tour autour du rond-point et nous sommes au terrain de sport qui accueille le Macadam Circus.

On fait le tour pour trouver l'entrée des artistes, on parlemente avec les vigiles, et on entre le minibus dans le parking backstage. Premier contact charnel avec Julien Faury, le Warrior du courrier et du téléphone. Puis quelques formalités de type administratif dans les bureaux aménagés dans les vestiaires, nous recevons nos pass personnalisés, avec photo, qui nous permettront d'aller et venir librement sur tout le site, devant, derrière et sur les côtés. Nous profitons de l'attente pour décharger le matos dans les douches.

Julien et d'autres Warriors correspondent à ce qu'on attendait, d'autres organisateurs seraient plus à leur place au service réclamation d'une agence de voyage ou gestion du personnel d'une entreprise de télécom. D'un côté, sourire content de nous voir, de l'autre, sourire efficace de circonstance, les uns organisent une fête, les autres sont là pour travailler. Un coup d'œil suffit à distinguer les Warriors et le Créa, mais ça ne nous semble pas très important.

L'autre première impression qui s'avérera tout aussi juste est celle que nous fait le service d'ordre : trop nombreux, trop uniforme (même tee-shirt, jeans noir, matraque noire, la répression se lit sur leurs visages plats), trop baraqué, trop bien équipé. Un de leur chef vient nous accueillir. Pour nous serrer la main, il retire son gant en cuir noir, pour nous saluer, il écarte le micro de son système de communication. Cet inquiétant robocop version light est carolo, la plaque rouge-blanche de notre minibus excite en lui un zeste de sympathie à notre égard, entre belge dans le sud de la France, un sourire de connivence s'impose. Ouais, bof, on verra, nous ne sommes pas sûr d'avoir " tant de chose en commun "...

Cela se reproduira régulièrement durant tout le week-end, nous avons faim. Nous traversons la rue pour aller pique-niquer. Nous sommes dans un square, assis dans la pelouse, entourés de fleurs, de haies et d'arbustes. A notre droite, le rond-point autour duquel nous tournerons tout le week-end, à notre gauche, devant nous, la rue, et de l'autres côté, une sorte de parking en terre battue, et au-delà, la scène, puis la plaine du festival, puis les stands, puis le Rhône. A gauche de la scène, un supermarché Casino envahi par des keupons de toutes les couleurs.

Pour les belges moyens que nous sommes, la chaleur est accablante bien que sympathique, et horreur, nos pils sont chaudes. C'est juré, si on revient jouer dans le sud de la France au mois d'août, on emportera un frigo qui accepte le 12 volts de l'allume-cigares. Système D : nous trouvons au Casino des blocs de glace (de l'eau gelée) et des sacs isotherme pour surgelé, l'ingénieux stratagème qu'autorisent ces deux ingrédients nous rafraîchira les pils.

Le choc des générations au stand de MarcorRetour au festival pour installer le stand de Marcor, le festival commence. Les premier groupe joue sous un soleil qui tape dur et devant un public encore très rare. Je sors avec Jo tâter l'ambiance dehors et trouver Myriam et Geoffroy qui sont à Pont depuis quelques jours déjà. Le service d'ordre a construit devant le festival un étroit chemin entre des barrières Nadar, le public arrive au compte-gouttes, histoire de fouiller chacun de fond en comble. Ni chiens ni chopes n'ont accès au festival, les mécontents sont légions. Etrange dispositif pour " le grand cirque des petits agités de cette fin de millénaire " !

Nous assistons à une engueulade entre un Warrior et une Créa : un stand de distro s'est vu refuser un pass par le service d'ordre. Ils n'ont pas du tout l'air d'être sur la même longueur d'onde. L'une pense billetterie, l'autre pense fête, comment pourrait-il s'entendre ?

Les groupes défilent sur scène, le soleil s'éclipse, la plaine se remplit, l'ambiance monte doucement. La chope en conserve de 33 cl est vendue 10 FF au bar. C'est très raisonnable pour la France et ça nous permet de ménager la réserve secrète du stand.

La soirée se termine en beauté avec Washington Dead Cats. Nous entamons à travers le village un parcours boitilleux et sinuant jusqu'au camping. C'est loin, je déballe duvet et m'installe dans le bassin (vide mais humide) d'une fontaine. Mauvaise idée dont on me détourne tant bien que mal. Au camping, Marcor et moi ronflons fissa dans l'herbe. Nous découvrirons le lendemain matin, réveillé par le soleil qui commence bien tôt et bien dur, que Jo et Vinche ont eu le courage de monter la tente. Ouf ! de l'ombre pour une heure de dodo de plus.

SAMEDI

Le carton de bienvenue qui nous attendait dans les loges avec le texteLa matinée est consacrée à explorer Pont. Mignon. C'est jour de Marché, le public de ce matin est particulièrement chamarré. L'ambiance est cool, le courant semble bien passer entre les spiripontains, les keupons, les crusties et autres tribus alternatives. La jonction entre les occupants des deux tentes se fait au rond-point, nous passons la fin de matinée sur une plage de galets en bord de l'Ardèche. Soleil pour tout le monde, bain de soleil pour certains, baignades pour les autres. Marcor hésite à faire trempette, la seule fois où il a nagé dans l'Ardèche, il a vu des serpents. Réflexion faite, c'était dans le Tarn, il plonge.

Vers deux heures, nous succédons aux Sales Majestés pour le sound-check. Nous sommes sous le soleil, exactement, juste en dessous. Il fait très très chaud.

Je ne sais plus quand exactement nous avons retrouvé Myriam et Geoffroy et ça n'a probablement pas une grande importance mais nous partons ensemble visiter Orange par le chemin des écoliers. Un pont pas très Saint-Esprit, ô tempora ô mores, plutôt béton que pierre, plutôt inachevé qu'usé, nous inspire une séance de photo improvisée. Vous jugerez du résultat dans le livret du CD Kestufé du Week-end (qui sortira à la rentrée).

Nous n'avons pas croisé Jacques Bompard, le maire Front National d'Orange. Nous n'avons rien rencontré de spécialement inquiétant, le tourisme catastrophe en est pour ses frais.

Retour au festival. Comme hier, ça commence clairsemé mais ça se remplit plus vite, nous distribuons un bon millier de mini-aredje de présentation de René Binamé et papotons avec pleins d'inconnus qui ont l'air content de nous voir, chouette !

Notre poulet-riz-vin est rythmé par Mass Murderers, puis vient Charge 69. Il fait encore clair et l'ambiance monte.

Une bonne et une mauvaise nouvelle. La bonne, le s.o. a déserté le no man's land qui sépare le public de la scène. La mauvaise, la veille, des pogoteurs se sont fait abîmer la gueule et le week-end par ce même s.o. qui a sans doute mal compris ce que signifiait " secouez les forces vives d'un rock français héritier des Bérurier Noir " !

Charge 69 invite le public à monter sur scène pour leur derniers morceaux et c'est l'envahissement, la barrière entre groupe et public est abolie, punk's not dead. La foule et l'ambiance sont là.

sur scène Et voilà c'est à nous, c'est parti mon kiki, Révolte, Vocations, Société Anonyme, Le plus beau tango du monde, d'emblée, ça bouge là en bas devant nous... Le Pape pue, Le Pape Immobile, ça bouge tout autour de nous... Juillet 36, La Makhnovchtchina, ça bouge sous nous...

On fini par comprendre que la scène n'a pas été prévue pour tant de peuple et d'agitation et on tente de l'expliquer au micro. Jo, Geoffroy, Marcor, Julien convainquent certains de descendre mais d'autres montent, la scène se remplit pendant qu'elle se vide. Hécatombe ( au marché de Pont-Saint-Esprit, à propos de quelques melons, quelques douzaines de keupons, se crêtaient un jour le chignon... ) et La Moustache, on laisse tomber les fins volle gas ( volle gaz = plein gaz, en flamand dans le texte... ) histoire d'éviter des pogos écrouleurs de scène... On saute Le courage des oiseaux et on retombe sur Non non rien n'a changé, tout est à renverser mais pas la scène s'il vous plaît merci. On saute encore Le Père Duchesne et on entame L'Internationale sans Herman qui a perdu les pédales (wah-wah et stage-tuner) dans la foule.

Là-dedans, s'intercale le moment où quelqu'un vient nous expliquer que quelques types qui négociaient des prix de groupe ou tentaient des entrées latérales sont mis à mal par les robocop.

EsGibt improvise sur les rapports marchands qui pourrissent les rapports humains, sur les incidents, les stress, les frustrations qui émailleront inévitablement nos vies tant que nous n'aurons fait de ces foutues billetteries un mauvais souvenir, et appelle à plus de souplesse aux guichets, ce ne sont pas quelques réductions ou prix de groupe qui mettrons le festival en déficit.

Si notre concert fut accueilli avec enthousiasme dans le public, certains dans les backstages prendront tout ça très mal, nous reprochant de " cracher dans la soupe ", d'avoir un comportement irresponsable, d'inciter le " bas-peuple " punk à l'émeute.

Hé bien oui, nous crachons dans cette soupe qui se déguste en camp retranché, entre détenteurs de chéquiers, à l'abris du sous-public insolvable et mal élevé. Et nous avons la franche impression que les Warriors crachent avec nous dans cette soupe-là. Bien sûr, ils avaient choisi les ingrédients et la recette et ils étaient à la cuisine pendant la préparation mais, trop content que la soupe avance, ils n'ont pas voulu voir que l'équipe de cuistots du Créa n'en faisait qu'à sa tête et suivait une tout autre recette.

Le concert fini, nous avons rangé le matos sous les sourires du robocop carolo. Tout allais bien, à part quelques morceaux sauté ou écourté, ce qui n'était pas bien grave.

Le reste de la soirée fut délirant, des rumeurs d'émeutes parcouraient le festival. On parlait de hordes de punks déchaînés, de cocktails molotov, de voiture incendiées. Géant Vert, alias GVI, le colonel Parker des Parabellum, montait sur scène pour haranguer la foule contre les fachos qui chargeaient le s.o. à l 'entrée et marteler que Parabellum devait jouer même si " un connard de belge (nous ?) avait foutu sa merde". L'appel fut entendu, un bon groupe de gaillards opéra une sortie sans rencontrer le moindre facho. Les Parabellum succédèrent aux Sales Majestés.

(Marcor, qui lit par-dessus mon épaule, me fait remarquer que le Colonel Parker, manager d'Elvis Presley, n'était même pas colonel. C'est vrai, mais Grand Géant Vert n'est même pas vert).

Quelques heures de papote plus tard, nous partons pour le gîte où un dortoir nous attends. Nous traversons le champ de bataille. Pas de cadavre automobile calciné, pas de trace de combat, s'il y eu une émeute, ce n'est pas ce soir, ce n'est pas ici.

DIMANCHE

Réveil, exploration du gîte, piscine, camping, salle du déjeuner, café, croissants, baignades, soleil, chopes, pétards, blablabla.

Début d'après-midi, la fille chargée du contact avec les groupes nous apprend que le troisième jour du festival a été annulé par peur d'incidents encore plus grave que ceux de la veille. Aïe ! Et merde ! Si c'est vrai, nous ni Zabriskie Point, ni Infraktion.

EsGibt, Jo, Francine et moi retournons à Pont vérifier tout ça et chercher notre défraiement. Gag ! le réservoir du minibus est presque vide, le démarrage est laborieux mais hop là on est parti. La pompe la plus proche est à l'entrée de Pont, on espère y arriver mais la panne sèche ne nous épargnera pas. On range le minibus en bord de route et nous voilà parti à la queue leu leu vers notre chèque et un bidon de gasoil. Jo et Francine s'occupe du bidon, EsGibt et moi des sous.

L'ambiance sur le site du festival est au démontage. L'annulation n'est pas un canular. Nous sommes accueillis particulièrement froidement par Gilles et Sandrine du Créa et Julien. Pour Gilles et Sandrine, c'est simple, pas le moindre franc pour un groupe qui crache dans la soupe : " pas de billetterie, pas de cachet ! ".

Parlons-en. Le deal de départ était clair : pas de cachet mais un défraiement minimum, afin de pouvoir réunir un maximum de groupes. Il y avait des intrus au Macadam Circus, mais ce n'étaient pas les Binamé, c'étaient ce ramassis de commerçants qui, sous couvert d'efficacité, ont vidé le projet initial de toute sa substance. Les Warriors se sont clairement fait avoir, nous aussi, le festival auquel nous avions été convié, celui décrit dans le tract de présentation, n'a pas eu lieu. La machine mise en place par le Créa pour canaliser le public, lui soutirer quelques billet de cent balles, et le renvoyer chez lui après l'avoir abreuvé du minimum de décibel permettant de justifier la dépense ; cette machine aurait probablement fonctionné à merveille avec une autre affiche et un autre public. Mais les quelques milliers d'agités qui avaient convergé de toute la France et un peu plus sur Keupon-Saint-Esprit attendaient leur Carnaval, pas la loi martiale. De son côté, la milice responsable du maintien de l'ordre, n'était pas prête à supporter trois jours durant ces clowns indisciplinés et ces clochards mal élevés.

Conséquence du moment pour nous, un problème d'à peu près 24.000 boules (4000 francs français, location du véhicule, gasoil, péages,...). Près de deux heures de prise de tête pénibles seront nécessaires pour obtenir grâce à Julien la moitié de la somme prévue. Croyez-moi sur parole, garder notre calme devant tant de mauvaise foi n'a pas été facile et nous avons quitté les vestiaires à bout de nerf.

Ce fut pénible mais nous ne pouvions être mieux placé pour observer les coulisses de l'annulation. Les deux compères du Créa ont fait du beau travail. Les groupes qui devaient jouer dimanche seront payé par une assurance-annulation. Pas mal, d'un coup, les frais du festival sont réduits d'un tiers (j'imagine sans en être sûr que la sono, le s.o. et les autres prestataires sont également payés par cette assurance). Un journaliste passant par là est convoqué et briefé : dans le journal de lundi, il doit parler de la réussite exemplaire du festival, et attendre mardi pour parler des incidents et de l'annulation. Il faut d'abord mettre en évidence la " qualité du travail du Créa " pour qu'il soit clair que l'annulation est due à des causes extérieures.

Basta, on est dégoûté, on rentre au gîte, on embarque les autres et on décide d'aller se nettoyer les neurones au bord de et dans l'Alès. Pique-nique, trempette, chope, blablabla...

On reconduit Myriam et Geoffroy à Pont et on croise le vieux bonhomme qu'il ont rencontré à leur arrivée et qui leur a indiqué un endroit idéal où installer leur tente. C'est un toute petite maison en bordure d'un verger de poirier abandonné depuis des années. Le bonhomme nous conseille de cueillir des poires pour le voyage. Nous nous servons mais pas assez à son goût, il nous sort des sacs de sa bagnole et nous renvoie faire le plein. Manifestement, ça l'attriste de voir ces milliers de poires pourrir chaque année parce que leur récolte n'est pas rentable.

Plutôt que de cueillir celles du verger voisin, les spiripontains achètent donc au supermarché du coin des poires qui ont traversé la France (ou autre chose) en camion. C'est plus rentable, magie du capitalisme, de l'économie de marché, des flux tendus...

Le vieux bonhomme ne comprend pas bien en quoi c'est mieux comme ça. Nous non plus. Il ne comprend pas bien non plus pourquoi on a supprimé le troisième jour de la fête alors que ça se passait si bien. On glisse, on n'a pas trop envie de se replonger dans le sujet, bisous, coucou, à bientôt,...

Le retour ne sera pas très drôle. Notre escale à Lyon ne fut pas très agréable, euphémisme. Paris fut plus accueillant mais nous étions très fatigué. Et puis Bruxelles, ranger le matos, nettoyer la camionnette,... et rendez-vous dans une semaine, le 15 août, à Meeffe, ça va le faire...

POUR EN FINIR

Les journaux des lundi 10 et mardi 11 août que Geoff et Myriam nous ont ramenés par après sont bougrement intéressant.

Dans le Midi Libre de lundi, le chef de corps des sapeurs-pompiers de Pont-Saint-Esprit assure que " aucun dégât matériel n'est à déplorer, rien n'a été dégradé ".

Le même journal publie mardi le bilan détaillé des dégâts dans le village : " porches et lieux publics squattés et jonchés de détritus en tous genres, dégradations diverses, conteneurs et poubelles renversés ou incendiés... même si les dégâts sont apparemment peu important, la multiplicité des griefs est bien réelles "

On lit encore que la mairie va entamer une action judiciaire " contre l'organisateur dont la responsabilité est engagée, ne serait-ce que par les graves incidents provoqués par ses propres services de sécurité ".

Si je lis bien, le service d'ordre a délibérément créé des incidents tout en jouant d'intox pour faire porter le chapeau à des " punks anglais et hollandais ", encore des étrangers, et les rendre ainsi responsables de l'annulation. C'était probablement la façon la plus rentable de clôturer le festival.

C'est pas joli joli, tout ça. Et c'est plutôt inquiétant de constater à quel point il a été simple à une poignée de salauds de détourner la masse d'énergie investie tant par les Warriors que par les Groupes et le public.

Une seule conclusion : débarrassons-nous des caisses enregistreuses et des flics sans qui elles ne sont rien, et faisons enfin la fête. C'est quand vous voulez !

Binam'...

LE COMMUNIQUE

En tant que président et entraîneur de l'équipe Vauclusienne de Football Américain " WARRIORS TEAM VAUCLUSE ", je souhaitais organiser un festival rock afin de promouvoir mon club et cette musique qui est une passion commune avec les autres membres.

Pour mener à bien ce projet, je me suis mis en relation avec l'association Créa. Celle-ci me proposait un soutien de professionnels du spectacle en apportant toute la logistique nécessaire à l'organisation d'une manifestation de cette ampleur. Nous avons donc travaillé ensemble pendant presque un an pour la réalisation du 1er festival de Rock Alternatif et Football Américain, le " MACADAM CIRCUS " les 7/8/9 août au Champ de Mars à PONT-SAINT-ESPRIT (30). Créa réalisait le travail que je demandais en vue de cette préparation, ce qui me donnait une certaine confiance en leurs compétences. Par contre, j'étais conscient de ne pouvoir les juger qu'à la fin du festival.

Malheureusement ce que je craignais est arrivé et je n'ai pu que constater les imperfections de cette association qui, par son incompétence, n'a fait que me couvrir de honte.

Tout ne s'arrête pas là ! En effet, après le festival, j'ai découvert leurs talents d'escrocs ballots.

Tout d'abord, Cette association (de malfaiteurs ?!!) s'est servie du chéquier des WARRIORS en imitant ma signature et ainsi effectuer des paiements d'une valeur totale de 170 000 Francs!

De plus, lors du festival MISTRAL GAGNANT à Saint-Martin de Crau, organisé par l'association AZIMUTH, Créa aurait également falsifié un chèque, mais aussi édité une double billetterie afin d'arrondir leur prestation sur ce festival. L'organisateur ayant les preuves, je ne serais pas étonné qu'ils aient fait pareil sur le MACADAM, puisqu'à ce jour, ils sont incapables de me donner des chiffres précis concernant la totalité des entrées et des recettes.

D'après leurs "calculs", le public total sur deux jours varierait entre 2600 et 3300 personnes. Ces chiffres sont réellement farfelus pour quiconque présent. La presse annonce également: "6000 amateurs ont animé les deux premiers jours" (MIDI LIBRE 10/08/98).

Par ailleurs, l'association FESTI MUSIC (organisatrice du concert de NOIR DESIR 1997 à Pont-Saint-Esprit et du nouveau festival BAGNOL BLUES) qui nous a beaucoup aidé par son relationnel et a ainsi facilité notre tache pour l'organisation du festival, se retrouve avec des "ardoises" à son nom chez les fournisseurs qu'elle avait présenté à Créa. Ce n'est pas tout !!!! Créa a utilisé le gaufrage FESTI MUSIC, sans aucune autorisation sur les billets du MISTRAL GAGNANT et du MACADAM. Ce gaufrage sert à rendre les billets infalsifiables. Ainsi, comme ce gaufrage est présent sur la double billetterie, l'association FESTI MUSIC se retrouve impliquée dans la plainte déposée par AZIMUTH.

Une vingtaine de jours s'est écoulée depuis la fin du festival et l'association Créa, est incapable de me donner des chiffres cohérents sur les comptes du festival. Etant responsable de la trésorerie, il leur était extrêmement facile de dissimuler toute trace d'une double billetterie ou d'argent liquide !! Suite à ma plainte pour falsification de chèques, je vais à présent en déposer une nouvelle, auprès du Procureur de la République, pour escroquerie et abus de confiance. Ce festival est loin d'être terminé !!!

Suite aux agissements extrémistes du service d'ordre embauché par l'association Créa lors du Macadam (décrié notamment par les services de secours présent ces 2 soirs), je lance un appel à témoin et tout témoignage devra être envoyé au siège des WARRIORS TEAM VAUCLUSE - Impasse Aristide Briand - 84800 L'ISLE SUR LA SORGUE.

Je tiens à préciser que pour les WARRIORS ce festival était réalisé par pure passion. Notre but était de promouvoir notre club et la musique que nous aimons. En aucun cas nous ne souhaitions gagner de l'argent sur cette manifestation ainsi nous reversions la totalité des bénéfices destinés aux WARRIORS au Service National d'Appels Téléphoniques pour l'Enfance Maltraitée (SNATEM). Nous n'avions fait humblement aucune annonce concernant ce don.

Malgré tout, je garde une expérience très positive de ce festival, j'ai pu rencontrer des gens formidables, des groupes fabuleux et un public fantastique. J'ai également découvert des personnes de réelle confiance.

Le MACADAM CIRCUS, c'est une tonne d'images qui se bousculent dans ma tête, de la joie, de la peine et une fois encore, un soutien fantastique de tous les acteurs de ce premier festival. A toutes ces personnes j'adresse mes plus chaleureux remerciements. Tout ceci ne me donne qu'une seule envie celle de RECOMMENCER ! Notre seconde édition verra une équipe des WARRIORS beaucoup plus soudée, mieux préparée et peut-être une association avec les SKALOPARDS ANONYMES de Callas. Alors, à suivre... et notez la ligne d'infos du MACADAM CIRCUS Il " La Revanche " au 04.90.38.67.73.

Julien

MARCOR A TOUT VU

Après un festival des Avins plutôt décevant, place au gros morceau de l'été, enfin ça devait l'être vu l'affiche, le Macadam Circus à Pont-St-Esprit, dans le sud de La France. Trois jours de festival sont programmés. Personnellement, j'étais plutôt content de voir ou souvent de revoir LES PERFUSÉS, SOURIRE KABYLE, LA RUDA SALSKA, WASHINGTON DEAD CATS, MASS MURDERERS, CHARGE 69, RENÉ BINAMÉ, LES SALES MAJESTÉS, PARABELLUM, GASTÉROPODES KILLERS, YALATEFF, RACHID & LES RATONS, TAGADA JONES, ZABRISKIE POINT, INFRAKTION et GBH, excusez du peu. Si vous êtes un habitué de ma rubrique, ces noms ne vous sont pas inconnus ! Malheureusement, il y a eu quelques hic!

Ce festival s'étale sur trois jours et les BINAMÉ y joue le deuxième soir avant LES SALES MAJESTÉS et PARABELLUM. Nous arrivons dès le premier jour et j'installe le stand Aredje à côté de celui de Crash Disques tenu par ce cher Marsu. Binam' comme à son habitude a concocté un mini feuillet de présentation que l'on va distribuer à presque tout le monde dans le site du festival. Le festival débute sous un soleil de plomb et pendant que les premiers spectateurs rentrent dans l'arène, les deux premiers groupes font leurs morceaux sous le regard de quelques curieux. Ainsi, le deuxième groupe, de la région, s'appelle STUPIDE, et je me souviens les avoir entendus faire une reprise des SHÉRIFF. Le public commence à affluer quand débute le concert des PERFUSÉS qui font leur premier concert sans Body leur ex-chanteur. Olivier cumule donc la guitare et le chant, le répertoire étant plus ou moins le même qu'avant. Ils jouent vers 18 heures et le soleil tape encore très fort. Juju a vraiment l'air de suer derrière ses fûts ! SOURIRE KABYLE, de Lyon, joue principalement leur troisième et récent album. Je vois le concert d'assez loin, en fait de mon stand qui est à plus de 50 mètres de la scène. Il en est de même pour les autres groupes de la soirée : RUDA SALSKA et la tête d'affiche: WASHINGTON DEAD CATS, groupe qui s'est reformé pour l'occasion (?) et qui a eu son heure de gloriole il y a un certain temps. Je les avais vus à On en première partie de Bérurier Noir en 87, à Bruxelles en 89 aux Halles de Schaerbeek ou encore à Louvain La Neuve en 91. Mais je ne suis pas un grand fan et ce concert de reformation ne m'a pas vraiment convaincu. Keupon-Saint-Esprit : Les Binamé ne sont pas seuls sur scène Le lendemain, après avoir cuvé les Derby pils et autres, je retrouve notre voisin Marsu. Souffrant de la chaleur, je me dois de rester le plus souvent à l'ombre et je rate les premiers groupes du deuxième jour et voit de loin MASS MURDERERS puis CHARGE 69. Je remballe provisoirement mon stand car les BINAME sont appelés sur scène. Le soleil s'est couché et c'est tant mieux. J'assiste au concert du côté de la scène. Je repère dès le début, au premier rang, Geoffroy et Myriam ainsi que Luc PSG. L'ambiance monte, monte. Après trois morceaux, les premiers envahissements de la scène se produisent. Jo qui n'est pourtant pas né de la dernière bière est vite débordé par l'afflux humain. Dans mon esprit ce n'est pas grave mais je commence à me poser des questions quand Julien, le programmateur m'annonce que la scène pourrait s'écrouler sous le poids. Trois fois, les spectateurs redescendent de la scène et y remontent. On nous susurre à l'oreille que des problèmes importants surgissent en dehors de l'enceinte du festival. Esgibt sous la pression prend le micro et lâche une réflexion qui fait tellement mouche qu'elle indispose certaines personnes finalement peu recommandables. Le concert est un peu écourté et se termine par une Internationale de derrière les fagots.

Retour au stand qui sera envahi tout le reste de la soirée. J'ai fort à faire à distribuer des Aredje ou autres tracts, affiches du 45t Pape ont beaucoup de succès. Il ne faut donc pas me demander de parler des concerts des SALES MAJESTÉS ou de PARABELLUM (ben oui, car j'ai entendu de loin une réflexion un peu, beaucoup très conne de la bouche du GVI). Je n'ai pas envie personnellement de m'épancher sur les problèmes qui ont amené au prétexte d'annuler le troisième jour et de rentrer frustré de ne pas avoir vu ou (surtout) revu YALATEFF, ZABRISKIE POINT, INFRAKTION, TAGADA JONES ou GBH. Nous avons même raté l'occasion d'assister à une reformation des CADAVRES comme la rumeur nous l'avait promise.

MarCoR

EXTRAIT DE "WORST"

Le samedi accueille beaucoup plus de personnes, certains disent 4000-5000 personnes, ce qui est incroyable pour la France. MASS MURDERERS joue un peu trop tôt, mais avec CHARGE 69, ils assurent ! RENE BINAME, on se demande pourquoi ils passent aussi tard, se retrouvent submergés par le public, ce qui amène des complications au niveau de la Sécurité. Un des musiciens essaye de soulever les foules pour aller taper des fachos devant la porte (Le S.0.?). Il parait que quelques cocktails molotov volent. LSM lance leur set, tout en négligeant le rebelle qui gueule dans le micro qu'il faut aller se battre. PARABELLUM ont joué dans un pseudo calme, les gars des WARRIORS + SKALOPARS ANONYMES avaient intelligemment remplacés les abrutis en noir, et repoussaient d'une façon polie, les agités montant sur scène. Encore quelques bières à boire et attendant le retour au calme, nous sommes doucement évacué par des débiles matraque levée en main. En ville, rien de spécial, les gendarmes ont abandonné le patelin, reste quelques attroupements, une cabine téléphonique brisée. et des marques de combustion sur le sol. On préfère repartir au camping pour commencer à faire vraiment la fête. Il parait que les vigiles ont sillonné les rues a la recherche de quelques proies, mais rien ne nous le confirme. En conclusion après tous ces problèmes, une décision est prise : annuler la représentation de dimanche.

TOTALEMENT HORS DE PROPOS

Pierre-Scipion, comte du Roure, marquis de Grisac, baron de Barjac, acheta la baronnie de Florac en 1664. Il fut gouverneur de Pont-Saint-Esprit. Louis XIV fut présent à son mariage. De Marie du Guast, il eut cinq enfants. Louis Scipion, lieutenant-général fut tué à Fleurus en 1690. Victoire de Caumont-La-Force lui avait donné Claude et Adélaïde, qui devint la femme du Comte de Laval-Montmorency. Claude, fut lui aussi lieutenant-général. Il épousa en 1721 Victoire de Gonlaut-Biron et eut quatre enfants. Denis-Auguste, lieutenant-général, fut comme ses trois prédécesseurs gouverneur de Pont-Saint-Esprit.

UN COURRIEL SYMPA (pour nous)

Cher René, chères roues de secours,

Il y a peu, je ne vous connaissais même pas (c'est dire l'être méprisable et vil que j'étais). Je vous ai découvert à Pont-St Esprit, où vous avez eu la délicatesse de venir le Samedi soir. J'en suis encore sur le cul! (de toute façon j'écris rarement en position debout).

C'était grandiose ! Sincèrement, il y a des groupes avec qui les longueurs d'onde se synchronisent plus ou moins aisément, avec vous ce fut immédiat !

Comment vous dire ? Vous faites ce qui, pour moi, est la quintessence et la raison d'être de "l'univers" punk: la révolution et la déconne. Un groupe qui commence un concert par Révolte ne peut-être mauvais. Si en plus il revêt des allures ludwiguesques, alors ça s'annonce plutôt bien!

Dites-moi.. Nestor Mahkno, Sebastien Faure.. vous vous êtes rencontrés à la FA (a moins que ce ne soit AL). Quoi qu'il en soit, chapeau ! Au cours de cette soirée, vous fîtes un peu OVNI, au milieu des fins et subtils Mass Murderers, des faux-culs LSM, et des bien braves Parabellum (Ca serait pas Géant Vert qu'aurait gueulé " connards de belges ! " à votre attention?), et cela nous a apporté un peu d'air frais.

On était surtout venu pour juger sur pièces Zabriskie et Infraktion (prévu le dimanche), on vous a découvert; ça nous a sauvé le week-end !

Si vous passez par Toulouse, n'hésitez pas à me prévenir !

Ab'Fabrice


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